Deux ponts, un même cauchemar
Lareau Assurances et le Pont Champlain ont à peu près le même âge. Heureusement, Lareau se porte beaucoup mieux que le fameux pont. En Montérégie depuis 55 ans, Lareau exploite 6 succursales de Napierville à Valleyfield. Ses assurés, répartis aux 4 coins de la province, demeurent concentrés en Montérégie, entre les ponts Champlain et Mercier. Deux ponts qui font la une pour les pires raisons. Deux ponts qui font état de vices de construction, de complexité contractuelles et de lamentable planification stratégique. Est-il besoin de dire que la majorité des assurés de Lareau se trouvent plongés dans le méandre, mais que le drame est plus grand encore.
Montréal est la métropole du Québec et la deuxième ville en importance au Canada. On y retrouve, dans le Montréal métropolitain, près de 10% de la population canadienne. Chaque jour, les marchandises en provenance de l’est du Canada qui transitent par camions doivent emprunter le pont Champlain, le pont Mercier ou l’autoroute métropolitaine. Le pont Mercier est maintenant fermé partiellement ou en totalité la moitié de la journée. Les usagers doivent se rabattre sur Champlain ou… le pont Monseigneur Langlois à Valleyfield (un pont qui était déjà un cauchemar pour tout automobiliste). Or, le pont Champlain n’aurait semble-t-il jamais été conçu pour accueillir autant de voitures. Il aurait été conçu pour soutenir son poids, sans plus, sans même considérer les couches supplémentaires de revêtements à travers les années. Sans non plus avoir prévu le poids des plaques d’acier ajoutées pour notre « sécurité ». Et surtout, sans même n’avoir tenu compte qu’on utilisait des abrasifs l’hiver. Ces abrasifs rongent la structure, qui déjà est stressée par le poids supplémentaire non prévu des véhicules et des couches de revêtements.
La situation au pont Mercier n’est pas plus rose. Il aura suffit de quelques heures lors du dépôt du rapport sur l’état de sa structure pour le fermer à moitié dès le lendemain matin en catastrophe et avant même d’avoir improviser une conférence de presse. Le pont Mercier est un casse-tête administratif. Il est en partie de juridiction provinciale, et en partie de juridiction fédérale. Les divers paliers de gouvernement attribuent de façon différente les contrats à différents entrepreneurs ce qui complique la réfection du pont.
Alors dans tout cela, les vrais perdants sont les gens. Ceux qui voient une incertitude quant au futur de leur ville ou de leur banlieue. Ceux qui craignent devoir déménager, qui stresseront dans les interminables bouchons de circulation, ceux qui verront leur entreprise déménager d’un côté ou de l’autre du fleuve, ceux qui auront du mal à vendre leur maison… ceux qui y perdront leur emploi. Séparer Montréal de sa banlieue ou vice-versa, personne n’y gagnera.
Espérons donc que les rapports alarmistes ne soient utilisés que pour accélérer des processus qui s’éternisent trop souvent. Couperont-ils court aux études environnementales, aux études de faisabilité, aux appels d’offres interminables ? Il aurait été davantage souhaitable que nos dirigeants planifient davantage puisqu’on ne peut certainement pas parler ici de dommages impossibles à envisager à l’avance. Mais pour le bien des gens et des entreprises de chaque côté du fleuve, et par ricochet de toute l’économie du pays, espérons que la solution arrive, et vite.
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