Qu’est-ce que la SCHL?

La SCHL, pour Société canadienne d’hypothèques et de logement, est une société de la couronne (société appartenant au gouvernement fédéral) d’importance. Elle est en effet, malgré qu’elle soit relativement méconnue, la 2e plus grande société de la couronne après Postes Canada. Elle intervient, que vous la connaissiez ou non, dans à peu près toutes les transactions hypothécaires résidentielles au Canada. C’est le plus grand assureur de prêts hypothécaires au Canada.

1945. La guerre vient de se terminer et des régiments de soldats rentrent au pays. Le gouvernement craint une pénurie de logement et doit remédier à la situation. Dès le 1er janvier 1946 donc, le gouvernement fédéral créé la SCHL, alors appelée Société centrale d’hypothèques et de logement. L’objectif à l’époque: gérer l’accès au crédit hypothécaire pour les particuliers, faciliter l’accès au financement à la rénovation et même générer des projets immobiliers. Le gouvernement avait vu juste en envisageant une pénurie de logements : ces jeunes soldats fonderont en majorité des familles et généreront une croissance fulgurante de la population : la génération des baby-boomers.

Aujourd’hui, la SCHL n’a dorénavant qu’une seule et grande fonction : assurer à faibles coûts des prêts hypothécaires. La SCHL se donne en garantie aux institutions financières qui prêtent aux particuliers à moins de 20% de mise de fonds à l’achat. D’un côté, elle réduit de beaucoup le risque des prêteurs hypothécaires, mais son rôle principal, et elle l’accomplit ainsi de belle façon, est de rendre l’accès à la propriété plus facile pour les petits emprunteurs. C’est d’ailleurs en 1999 que la SCHL abaissait son seuil minimum de mise de fond à 5%, avec comme conséquence que les plus belles années récentes de croissance de l’immobilier au Canada se succédèrent ensuite.

Aujourd’hui la situation de l’immobilier au Canada est loin d’être similaire à la situation désastreuse de nos voisins du sud. Si, aux États-Unis, l’accès à la propriété était rendu trop facile via une panoplie de formes de prêts hypothécaires (dont certaines ne demandaient aux emprunteurs de rembourser seulement les intérêts… parfois à partir de 2 ans même après l’achat), les Américains ont pu devenir propriétaire et ainsi tous contribuer à gonfler l’immense bulle spéculative qui a explosé depuis 2008. Le Canada, via la SCHL, a su contenir l’enthousiasme des optimistes spéculateurs immobiliers. En resserrant les critères par deux fois en 2010 et en 2011, il est désormais moins facile de se procurer une maison en faisant assurer son prêt par la SCHL. Notons principalement l’instauration de mesures sur l’achat de propriétés exclusivement à revenus (20% de mise de fond exigible), de l’application d’une norme au niveau des taux (calculé à taux fixe 5 ans), une réduction à 30 ans maximum pour l’étalement d’un prêt hypothécaire, et finalement, un maximum de 85% de refinancement sur l’équité de votre habitation.

Ces mesures auront d’abord contribué à assurer la sécurité du programme, mais également à ralentir les ferveurs des spéculateurs amateurs, des acheteurs un peu trop optimistes quant à leur situation réelle. Les normes ont également ralenti la tendance lourde visant à réemprunter sur sa maison pour se payer des luxes à court terme. Ainsi, le Canada et ses propriétaires font aujourd’hui belle figure en terme de performance immobilière!

Charles Antoine-Carra

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