Récession et assurance

Il plane une odeur de récession mondiale par les temps qui courent. Or, si on soutient toujours que le Canada pourrait résister mieux que la plupart des pays, toutes les sphères de l’économie ne réagiront pas de la même façon.

Les compagnies d’assurances comptent énormément sur la santé économique d’un pays afin d’être rentable. D’abord, il y a évidemment la croissance des entreprises et des dépenses des ménages, qui leur permettent d’accroitre les revenus de primes perçues. Ensuite, il y a également les risques financiers qui deviennent moindre. En effet, plus les clients ont une bonne santé financière, moins les risques de fraude et de crédit sont présents. Finalement, et c’est un point capital, lorsque l’économie va bien, les marchés financiers vont bien. Et c’est précisément à cet endroit que plusieurs assureurs réussissent à être rentables. En réinvestissant les primes perçues en attendant de payer les sinistres, les assureurs peuvent aller chercher entre 5% et 20% de leurs revenus de base en revenus de placement. Selon le dernier rapport SCOR, principale mesure de l’industrie, pas moins de 13 assureurs sur 52 doivent leur rentabilité en 2010 aux revenus tirés de leurs placements.

La crise européenne s’est déjà fait sentir chez nous dans le domaine de l’assurance alors que la bien connue compagnie AXA a été avalée par Intact plus tôt cette année. Le nom d’AXA, Française d’origine, était présent en sol canadien depuis près de 30 ans, mais à travers ses acquisitions, AXA avait intégré plusieurs entreprises d’ici, dont la plus ancienne était plus que centenaire. AXA était la 7e compagnie d’assurance en importance au Canada au terme de 2010. Intact était déjà la première.

Parmi les 10 plus grandes compagnies d’assurances toujours actives au Canada donc, trois sont Européennes (Aviva (2e), RSA (5e), Lloyds (8e)), six sont Canadiennes (Intact (1e), TD (3e), Cooperators (4e), Economical (7e), Desjardins (9e), Northbridge (10e)) et une est Américaine (Wawanessa (6e)). Ce sont donc 4 compagnies sur 10 qui proviennent de pays aux prises avec des tumultes économiques. Le paysage pourrait donc changer, car est-il besoin de rappeler qu’Intact, le leader au Canada, n’est né qu’en 2010 en amassant des capitaux pour acheter l’Hollandaise ING?

Pour le consommateur, il n’y a pas que le paysage qui pourrait changer. Si les assureurs en viennent à perdre de l’argent plutôt qu’en gagner sur les marchés boursiers, ils devront se rabattre sur leur activité principale pour être rentables : l’assurance. Ce faisant, le consommateur pourra voir sa facture augmenter…et c’est sans tenir compte d’un autre facteur fort négatif dans l’équation : les changements climatiques!

Les 10 plus grandes compagnies d’assurances au Canada fin 2010 et leur volume de primes.

Intact : 6 460 000 000$ (Incluant l'acquisition d'AXA)
Aviva : 3 300 000 000$
TD : 2 380 000 000$
Cooperators : 2 300 000 000$
RSA : 2 100 000 000$
Wawa : 1 991 000 000$
Economical : 1 700 000 000$
Lloyds : 1 660 000 000$
Desjardins : 1 600 000 000$
Northbridge 1300 000 000$

Charles Antoine-Carra

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